El presidente

El presidente

Titre original : La Cordillera

De Santiago Mitre  –  Argentine, Espagne, France  2017  ( 1h 54)

Genre : drame politique

 Fiche technique :

Réalisation : Santiago Mitre. Scénario : Santiago Mitre et Mariano Linas. Photo : Xavier Julia. Montage : Nicolas Goldbart. Son : Santiago Fumagali. Production : K§S Films, La Union de los Rios. Coproduction : Arte France Cinéma, Telefe , Memento Films Production.  Avec : Ricardo Darin  (Hernàn Blanco), Dolores Fonzi (Marina Blanco), Erica Rivas (Luisa Cordero), Gerardo Romano  (Castex).

Synopsis :

Au cours d’un sommet rassemblant l’ensemble des chefs d’état latino- américains dans un hôtel isolé de la Cordillère des Andes, Hernàn Blanco, le président argentin, est rattrapé par une affaire de corruption impliquant sa fille. Alors qu’il se démène pour échapper au scandale qui menace sa carrière et sa famille, il doit aussi se battre pour des intérêts politiques et économiques à l’échelle d’un continent.

Le réalisateur : 

Santiago  Mitre est un réalisateur et scénariste argentin né à Buenos Aires en 1980. Après des études de cinéma à la Universidad del Cine, il débute comme acteur, réalise des publicités et commence en 2006 à écrire pour la télévision et le cinéma, devenant notamment coscénariste des films de son compatriote Pablo Trapero. Il fonde en 2011 la société de production indépendante La Unión de los Ríos.

Son premier long métrage El estudiante (2011), très ancré dans la réalité contemporaine, a été préparé à la façon d’un reportage. Son deuxième long métrage Paulina (La patota) est présenté à la Semaine de la critique au Festival de Cannes 2015 où il remporte le Grand prix de la semaine de la critique1.Son troisième long métrage El presidente est présenté en sélection officielle « Un certain regard » lors du festival de Cannes 2017.

 

Entretien avec le réalisateur :

Comment est né ce projet ?

J’ai souhaité faire le portrait d’une figure politique majeure, d’un homme dont la politique est le métier. J’avais envie de confronter sa vie publique et sa vie privée, de montrer l’homme derrière le politicien. Par ailleurs mon père a longtemps travaillé pour Mercosur, de fait il a beaucoup fréquenté ces sommets internationaux qui réunissent les puissants de ce monde. D’où l’idée d’inscrire le récit dans un tel sommet quelque part en Amérique latine

Avez-vous écrit le rôle de Hernàn Blanco pour Ricardo Darin ?

Oui. Je n’aurais jamais fait El Presidente sans lui. Pour moi, il est le seul comédien argentin qui ait la stature et l’énergie pour interpréter un tel personnage. Par ailleurs, je trouvais passionnante l’idée de jouer avec son côté iconique. Il a joué de nombreux rôles de méchants au cours de sa carrière et pourtant le public le voit toujours comme le gentil de l’histoire. C’est un comédien très populaire et très aimé. Du coup ça ajoute de l’ambiguïté au personnage.

Entretien avec Ricardo Darin, comédien

Comment avez-vous réagi quand S. Mitre vous a proposé d’interpréter le Président d’Argentine ?

J’ai trouvé très intéressante la possibilité de parler de l’envers du pouvoir en suivant de l’intérieur un personnage qui évolue dans les hautes sphères de l’état, et qui doit à la fois gérer certaines circonstances politiques et affronter une crise personnelle et familiale. Ce point de vue nous permettait d’entrer, presque à la dérobée, dans un univers qui nous reste inconnu, celui des gens de pouvoir. Il est rare qu’on ait accès à cette zone personnelle et intime et j’ai été séduit par cette fusion entre le politique et le personnel.

 

La critique

Pour son troisième film et comme dans les précédents (les déjà remarquables El Estudiante et Paulina), Santiago Mitre continue d’explorer de façon réjouissante la sphère du pouvoir. Il le fait en plongeant toujours plus profond dans les intentions qui animent les êtres, questionnant leur attrait pour la puissance, échafaudant une œuvre passionnante tout aussi politique que philosophique. ( Utopia)

 

Une atmosphère de film fantastique se dégage de la mise en scène, d’une élégance glacée. Dessous, couve le feu des alliances de circonstances, des tractations financières et des secrets qui doivent le rester pour la « bonne cause » internationale. Ricardo Darin, la star argentine, séduisant et insondable, est pour beaucoup dans la fascination qu’exerce ce thriller politique en trompe – l’œil. (Télérama  Guillemette Odicio)

 

Le style est net, précis, dans une tension permanente. Les images extérieures expriment une conduite (la route en lacet) qui devrait être linéaire. Ricardo Darin, remarquable comme souvent, mis en valeur par une caméra en général très proche de lui, exprime imperceptiblement son flottement, sa perméabilité aux forces extérieures, malgré une apparence neutre, une force de caractère illusoire. (Positif  Hubert Niogret)

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