Les événements de l’année

Vendredi 29 mars 2019

En présence du réalisateur Antoine Page en hommage au dessinateur Bilal Berreni
Projection du film “
C’est assez bien d’être fou”

En lien avec les différentes manifestations proposées par l’agglomération de Béziers

Bilal Berreni, street artiste

   Bilal Berreni est né d’une mère périgourdine et d’un père d’origine algérienne, Mourad Berreni, metteur-en-scène et directeur du Théâtre de l’Echo à Paris. Il a un frère aîné Marwan, comédien, et est le petit-fils de Charles Sarlandie, chef d’état-major de la Résistance en Dordogne.

Adolescent parisien du 20e arrondissement, Bilal Berreni commence à l’âge de 15 ans à peindre des murs de son quartier. À l’école Boulle, il passe un bac arts appliqués puis intègre l’École Duperré où il obtient un BTS de communication graphique. Il peint de grandes fresques noires et blanches sur des murs d’immeubles parisiens qu’il signe Zoo Project.

Son art est reconnaissable, il s’adresse à tous. Il décrit à la fois un monde proche de nous avec des formes identifiables qui sont le plus souvent des animaux et aussi un univers nettement plus onirique voire surréaliste où l’on peut observer des êtres étranges, souvent hybrides inspirés de la mythologie comme des hommes à tête d’animal. C’est aussi une certaine façon de signifier l’absurdité de la vie, telle qu’il la vit parfois en retournant chez lui à Paris.

Il était l’un des artistes les plus doués apparus sur la scène du street art au cours de la décennie écoulée. Bilal Berreni était un artiste soucieux de la beauté du geste, qui ne séparait pas la création de la vie. Il s’était illustré notamment en 2011, lorsqu’il avait peint des portraits de victimes de la révolution dans les rues de Tunis, avant de vivre un mois dans un camp de réfugiés à la frontière libyenne. Là, il dessina leurs silhouettes à taille réelle sur des oriflammes. De retour à Paris il rencontre le réalisateur Antoine Page avec lequel il réalise un documentaire mêlant cinéma et dessin C’est assez bien d’être fou.  On lui doit aussi un superbe bestiaire fantasmagorique peuplé d’impressionnantes créatures, sur des fresques monumentales, notamment dans le 20e arrondissement, où il vivait (certaines sont encore visibles aujourd’hui, au moins en partie).

En 2013, alors qu’il peignait dans un lieu abandonné, il a été tué par balle à Détroit par des jeunes qui projetaient de le détrousser.

 

Antoine Page, réalisateur

   Après avoir commencé des études d’histoire de l’art, Antoine Page réalise ses premiers films expérimentaux (De la politique, Cap Esterel…) dans le cadre des cours de cinéma de Nicole Brenez à la Sorbonne. Ils sont projetés à la Cinémathèque Française, et lui offrent ses premiers succès d’estime (festival de Locarno, festival de St-Denis…).

Il poursuit ses recherches formelles dans le genre du documentaire de création, et réalise Cheminement et Largo do Machado. En 2009, il rencontre Bilal Berreni (Zoo Project) avec qui il travaillera durant 4 ans sur le film C’est assez bien d’être fou, et il acquiert dans le Jura l’ancienne « maison du directeur » d’une usine de carton. L’achat de cette maison impulse la création de la société de production éponyme montée avec deux associées, Jeanne Thibord et Sidonie Garnier.

Il a pu y produire trois de ses films (Yolande, Maria, Berthe et les autres; Chalap, une utopie cévenole; C’est assez bien d’être fou) sans faire de compromis artistique, mais sans non plus réussir à faire exister l’outil frondeur et militant qu’il avait imaginé. A l’issue de cette expérience, lassé du système de production du documentaire de création qui lui apparaît exsangue, Antoine décide de tenter autre chose…

Filmographie sélective

Dieu, la licorne et le dinosaure  – 2017 Film-documentaire (1h10)  ;  Wesh gros – Chapitre 1 – 2016  – 3 films-documentaire  (1h10, 1h15 et 36mn) ;  Chalap, une  utopie cévenole – 2015 Film-documentaire (1h15) ;   C’est assez bien d’être fou  – 2013 – Film-documentaire (1h45) ;  Yolande, Maria, Berthe et les autres  –  2012 Film-documentaire (53mn) ;  Largo do Machado – 2011 Film-documentaire (59mn) ;  Cheminement  – 2009 Film-documentaire (1h27) ;  In  progress – 2005  Film-documentaire (52mn) ;  Cap  Esterel – 2004 Film expérimental (18mn) ;  De la politique, hommage à Jean Vigo – 2002 Film expérimental.

La rencontre d’un dessinateur et d’un réalisateur

Lorsqu’Antoine Page et Bilal Berreni se rencontrent, ils ne connaissent pas leurs travaux respectifs. Ils sont solitaires, ne cherchent pas de collaborateurs, et pourtant le courant passe immédiatement.

Ils partagent la même passion pour leur domaine, la même croyance en un art populaire et le même désir d’indépendance. Ils se mettent tout de suite à rêver un voyage à travers la Russie: l’un dessinerait, l’autre filmerait… ils veulent lier aventure et expériences artistiques, jouer de la complémentarité de leurs matériaux…pour raconter les différents moments du voyage.

Un vaste projet artistique se dessine: le film C’est assez bien d’être fou était né !

C’est  assez bien d’être fou

d’Antoine Page

Documentaire  – France  2013 (1h 44min)

avec acteurs inconnus

Fiche technique: 

Scénario: Antoine Page -Bilal Berreni – Production : Jeanne Thibord – Sidonie Garnier – Directeur de la photographie, montage, ingénieur du son: Antoine Page – Dessinateur: Bilal Berreni

   Au volant d’un vieux camion des années 1970, Bilal, street artiste, et Antoine, réalisateur, se sont lancés dans un voyage de plusieurs mois jusqu’aux confins de la Sibérie. Au fil des pannes du camion et des rencontres avec les habitants s’improvise une aventure qui les mènera des montagnes des Carpates au cimetière de bateaux de la mer d’Aral, d’Odessa à Vladivostok. Un voyage artistique, alternant dessins et vidéo, entre road-movie et conte documentaire.

Propos du réalisateur

« J’ai rencontré Bilal quand il avait 18 ans. À l’époque il peignait dans le quartier de Belleville des fresques gigantesques… Puis il a entendu parler du Printemps arabe aux infos, ça l’a intéressé, il a eu envie de se confronter au réel. Sans avoir de projet au départ, il s’est rendu en Tunisie et a expérimenté plusieurs choses dont deux installations au camp de Choucha.
Travailler avec Bilal était génial, c’était concret, enthousiasmant, il n’y avait pas de limites aux idées. Ça a été quatre ans de collaboration en continu  » ( Antoine Page)

Critiques

Ce film attachant à bien des égards est autre chose et plus qu’un documentaire sur un street artiste. Plutôt une aventure artistique vécue à deux, avec ses enthousiasmes et ses galères, qui s’offre le plaisir de la divagation…. Un film qui plaide pour l’insouciance et la joyeuse aventure de vivre, mais serre pourtant le cœur en faisant découvrir le visage ouvert et presque enfantin du jeune artiste tragiquement disparu . Le point pop ( Sophie Pujas)

L’artiste est accompagné par le réalisateur Antoine Page, qui peaufine les cadrages, avec un filmage HD flamboyant qui s’accommode des décors différents. Étendues désertiques, monts enneigés, cieux de crépuscule, intérieurs de transsibérien et de car d’un autre siècle… l’image regorge de beauté, avec une belle accentuation du contraste qui appuie certaines couleurs.  ( à voir et à lire )

 

 

 

 

Vendredi 30 novembre 2018

 

A la découverte des métiers du cinéma:

la (ou le) scripte   avec    MAGGIE  PERLADO

Projection des films

à 16h30                                                                                  à 20h15

Jamais de la vie                                         Happy end                 

                                                         

Une interview de Maggie Perlado  : Cliquez ici

Maggie Perlado sur les tournages…

        

 

Échanges avec les spectateurs après la projection des films

Échanges avec des lycéens