Son histoire

 

 

Un article de “Marie Claire” d’octobre 2009, rédigé par Nicole Mas

Un long métrage de plus de 60 ans…

Quelle ville peut s’enorgueillir d’un ciné-club aussi âgé et remuant que celui de Béziers ?

Depuis 1945, date de la création du Ciné-club Biterrois, la variété des films et la richesse des discussions qui ont nourri la pensée des adhérents, ont créé cet état d’esprit particulier, propre à toutes les associations qui perdurent contre vents et marées, la convivialité, l’ouverture d’esprit et le dynamisme.

Des personnalités engagées

Tout d’abord les pionniers, parmi lesquels le docteur Sirc et son épouse, Monsieur Metz, professeur d’Allemand au Lycée Henri IV, dont le fils, Christian, devint un célèbre théoricien du cinéma et de son langage et dont les ouvrages font encore autorité aujourd’hui.
Dès l’automne 1948, un groupe d’étudiants reprend le flambeau dont Jean Pierre Piquemal, qui en sera le dirigeant et l’animateur jusqu’à la fin des années 1980. Toute une équipe de passionnés propose des films, présente, commente, apporte leur savoir et leur enthousiasme, bénévolement et sans compter.

Les Biterrois : des cinéphiles enragés !
Passionnés, assis par terre sur les marches d’escalier pour « voir » Les Oiseaux d’ Hitchcock en 1964. Virulents en 68 lors des débats animés sur les « événements ». Assidus et nombreux pour recevoir Joseph Losey, Louis Malle, Jean Louis Trintignant, François Truffaut, Marguerite Duras, mais aussi les cinéastes tchèques, polonais, espagnols, hongrois invités par le Ciné-club.
Engagés physiquement et moralement en décembre 81 au moment de La bataille d’Alger, pour défendre la projection du film de Gilles Pontecorvo que les anciens de l’OAS boycottent en matraquant les responsables et les adhérents. La presse fait état du plasticage du hall du Palace et de l’incendie volontaire du siège de la Fédération. Déterminés, puisque 4 mois plus tard, le 1er avril, avec l’aide d’une municipalité courageuse et des ministères (Culture et Intérieur), le film est projeté au Palais des Congrès, à guichets fermés, devant 2 000 spectateurs venus de tout le département, sous… la protection de 200 CRS et au mépris d’inévitables alertes à la bombe.. .
Soucieux de transmettre, en proposant vers 1980 ; en plus des séances hebdomadaires, les « Mardis de la Cinémathèque » où, grâce à un projecteur 16 mm mobile, installé dans la loge centrale du Théâtre Municipal, et face à un écran qui nécessitait le concours de 6 personnes pour le monter, étaient diffusés des chefs¬d’œuvre de l’histoire du cinéma. Novateurs, lorsque, en 1990, à l’instigation de J.-P. et A. Piquemal, a lieu le Festival du Cinéma consacré aux Jeunes Comédiens.

La troisième jeunesse du C.C.B.

Opiniâtres, aujourd’hui comme au début, pour trouver un lieu digne de projections. Déplacé du Théâtre des Franciscains avec l’arrivée de Jérôme Savary, le Ciné-club est en attente d’une salle conçue pour des projections promises par la municipalité au carrefour de l’Hours. Pour l’instant il continue sa programmation au Palace avec un enthousiasme intact et un accueil toujours aussi chaleureux. L’histoire du CCB c’est aussi l’histoire de Béziers et de ses habitants, alors surtout, « Soyez sympa… ne rembobinez pas ! »