le 29 Mai à 16h30 et 20h30
Kuessipan

De Myriam Verreault (1H57)
Québec 2019
Fiche technique : Réalisation : -Myriam Verreault
Scenario : – Myriam Verreault et Naomi Fontaine (autrice du roman éponyme)
Producteur : – Félix Frappier
Direction de la photographie: Nicolas Canniccioni
Musique: Louis Jean Cormier
Interprétation : – Mikuan : Sharon Fontaine
-Shanis : Yamie Grégoire
– Francis : Etienne Gallois
– Metshu : Cédric Ambroise
Synopsis :
Nord du Québec. Mikuan et Shaniss, deux amies inséparables, grandissent dans une réserve de la communauté innue. Petites, elles se promettent de toujours rester ensemble. Mais à l’aube de leurs 17 ans, leurs aspirations semblent les éloigner : Shaniss fonde une famille, tandis que Mikuan tombe amoureuse d’un blanc et rêve de quitter cette réserve devenue trop petite pour elle…
La cinéaste :
Myriam Verreault a grandi à Loretteville en banlieue de Québec. Après des études en journalisme, en histoire et en cinéma, elle gravite dans le milieu de la télévision et du cinéma en tant qu’accessoiriste, réalisatrice et monteuse. Elle se fait connaître avec A l’ouest de Pluton (2008), un premier long métrage applaudi par la critique qui a fait son chemin dans plus de 50 festivals à travers le monde. Elle l’a coréalisé, scénarisé, produit et monté. En 2011, elle signe le documentaire web de l’ONF Ma tribu c’est ma vie qui la met en contact, entre autres, avec la réalité d’une jeune de Mani-Utenam. Elle monte, en 2014, Québékoisie de Mélanie Carrier et Olivier Higgins, un documentaire nommé au Gala des Jutra et traitant des relations entre Québécois et Autochtones. Elle a débuté le travail de recherche et de scénarisation de Kuessipan en 2012 en compagnie de l’écrivaine du roman éponyme, Naomi Fontaine. Elle y a planché pendant 5 ans avant de le tourner, multipliant les voyages d’immersion dans la communauté innue.
La romancière à l’origine du récit et du scénario :
Romancière et poète, Naomi Fontaine porte la voix du peuple innu. Vingt-cinq mille personnes recensées : la plus importante des Premières Nations au Québec, où les luttes identitaires francophones ont parfois occulté celles des minorités autochtones. Les Innu jouissent toutefois d’une visibilité réelle de nos jours, notamment à travers la notoriété de plusieurs écrivaines devenues des classiques, telles la poète Joséphine Bacon ou encore An Antane Kapesh (1926-2004), dont le fameux Je suis une maudite sauvagesse (Mémoire d’encrier) a fait date dès 1976.Née dans la réserve d’Uashat, près de Sept-Iles, Naomi Fontaine, 38 ans, prend le relais avec force, mue par le désir d’inventer un futur pour les siens, dont son enfance urbaine l’avait éloignée. C’est cette double appartenance, parfois inconfortable, qui sous-tend l’ensemble de son œuvre : quatre romans à ce jour, qui ont reçu de nombreux prix. Leur succès, dès la parution en 2011 de Kuessipan (Mémoire d’encrier ; réédité en France par Le Serpent à plumes en 2015) alors qu’elle n’a que 24 ans, a montré que les nouvelles générations québécoises, toutes origines confondues, étaient bien présentes dans le paysage culturel international.
Critiques :
La force de Kuessipan tient à son incroyable authenticité et à la justesse de ses acteurs, tous issus de la communauté innue, notamment Sharon Fontaine-Ishpatao et Yamie Grégoire qui incarnent Mikuan et Shaniss. Le film n’est pas seulement une superbe observation impressionniste des paradoxes des Innus, avec ses moments savoureux, aussi étonnants que touchants, mais aussi le récit passionnant d’une amitié tourmentée par les divergences de choix de vie à l’âge adulte. UTOPIA
Poésie des images, délicatesse du style : Myriam Verreault, la réalisatrice, a un passé de documentariste et capte avec finesse les flux sous-jacents de sentiments, la mélancolie, la quête d’identité, les rites de passage. Son film est une ode à une culture menacée, mais aussi une belle leçon d’amitié. LE NOUVEL OBSERVATEUR
En dépit d’une écoute attentive portée à la langue innue, la narration débordante ne laisse que peu de temps pour observer le casting de non-professionnels rencontrés dans la réserve qui dès lors vers dans l’échantillonnage. LES CAHIERS DU CINEMA
Brassant des thèmes aussi solides que la famille, l’identité culturelle et la liberté de choisir (ou pas) sa vie, optant pour un filmage naturaliste, Myriam Verreault donne à voir une œuvre touchante, aux accents universels. POSITIF