Le film de la semaine

Le 02/10/20 à 16h30 et 20h30 

MJÓLK, la guerre du lait

de  Grímur Hákonarson       

   (1 h 32)  Islande, Danemark, Allemagne, France  2019

 

Fiche technique :

Écrit et realisé par Grímur Hákonarson

Directrice De Production Sara Nassim

Directeur De La Photographie Mart Taniel

Monteur Kristján Loðmfjörð

Musique Valgeir Sigurðsson

Son Björn Viktorsson –  Frank Mølgaard Knudsen – Sylvester Holm

Décors Bjarni “Massi” Sigurbjörnsson

 

Synopsis :

Inga et son mari possèdent une exploitation laitière dans un petit village près de Reykjavik.  Mais à la mort de ce dernier, Inga reprend seule les rênes de l’entreprise familiale. Très vite elle découvre le monopole abusif que la coopérative impose aux agriculteurs locaux. Elle va alors entrer en guerre contre ce système mafieux pour imposer l’indépendance de sa communauté !

Réalisateur :

Grímur Hákonarson est un auteur et réalisateur islandais diplômé de la FAMU, la prestigieuse école tchèque de Prague. Repéré dès son court métrage de fin d’études, Slavek the Shit (2004), projeté à la Cinéfondation, ses courts-métrages suivants, et notamment Wrestling (2007), ont rencontré un vif succès dans les festivals internationaux. Il réalise son premier long-métrage en 2010 : Summerland, pour lequel il est nommé pour le Edda Award du meilleur scénario avant de réaliser un documentaire sur un prêtre islandais A Pure Heart en 2013. Son film suivant Béliers (Rams, 2015) assoie sa notoriété auprès de la critique et du public international. Le film gagne notamment le prix Un Certain Regard au Festival de Cannes 2015 ainsi que 11 prix aux César Islandais, les Edda Awards, la même année et réalise plus de 130.000 entrées en France.

Propos du réalisateur:

Après BÉLIERS, vous montrez une nouvelle fois des gens vivant dans des zones isolées, dont la vie tourne autour de leur ferme ou de leurs animaux. 

Dans Béliers, l’histoire se concentrait sur deux frères, des fermiers éleveurs de moutons, qui essayaient de sauver leurs troupeaux. C’était une histoire de famille, alors que MJÓLK parle plutôt d’une communauté, d’une société. J’y montre la réalité politique d’une région très spécifique à travers le portrait d’une femme, Inga, qui a perdu son mari et, tout en traversant toutes les étapes du deuil, décide de se battre contre une coopérative corrompue qui l’exploite elle et sa communauté. Dans le nord-ouest de l’Islande, il y a une zone appelée Skagafjörður où existe encore la seule coopérative du pays. Au début du 19ème siècle, de nombreuses ont été créées, mais elles ont fait faillite dans les années 90. Sauf celle-ci, qui a réussi à survivre, et qui possède à peu près tout : même le seul journal local ! Cette configuration fait un peu écho à toutes ces sociétés fermées, comme l’Union soviétique par exemple, qui a une emprise sur tous, comme une énorme pieuvre. En même temps, je pense que mon film parle de l’Islande en général. Nous sommes petits, nous avons donc tendance à être très monopolistiques. Il y a peu de gens aux commandes, le reste est exploité.

Critiques :

Mjólk met en exergue les difficultés des habitants de l’Islande rurale en délivrant, au passage, une critique des dérives du modèle capitaliste, dans une œuvre portée par un personnage principal qui est, bel et bien, une femme en guerre.  Les Fiches du Cinéma

Après Béliers, où deux frères tentaient de sauver leurs moutons, Grimur Hakonarson continue de nous faire voyager dans ce monde paysan islandais, isolé, rude. Vallées enclavées, paysages magiques sculptés par un climat rigoureux… L’Humanité

Grímur Hákonarson continue d’ausculter les transformations de la campagne islandaise et la manière dont le néolibéralisme affecte la culture traditionnelle d’un pays replié sur lui-même comme l’Islande. Les cahiers du cinéma