Une vie démente

de  Ann Sirot et Raphaël Balboni    

(1h 27)  Belgique 2021

Fiche technique :

Réalisation : Ann Sirot et Raphaël Balboni. Scénario : Ann Sirot et Raphaël Balboni. Image : Jorge Piquer Rodriguez. Son : Bruno Schweisguth, Marie Paulus. Distribution : Jo Deseure (Suzanne), Jean le Peltier ( Alex), Lucie Debay ( Noémie), Gilles Remiche (Kévin).

Synopsis :

 Alex et Noémie voudraient avoir un enfant. Leurs plans sont chamboulés quand la mère d’Alex, Suzanne, adopte un comportement de plus en plus farfelu. Entre l’enfant désiré et l’enfant que Suzanne redevient, tout s’emmêle. C’est l’histoire d’un rodéo, la traversée agitée d’un couple qui découvre la parentalité à l’envers.

Réalisateurs :

Ann Sirot et Raphaël Balboni forment un duo depuis 2007. Ils ont tourné ensemble de nombreux courts  métrages : Dernière Partie, Juste la Lettre, Fable Domestique. Avec Lucha Libre (2014) ils innovent en construisant leur scénario autour des comédiens, à partir de scènes non dialoguées au préalable et d’improvisations travaillées en répétition. Avec la même méthode ils réalisent Avec Thelma , court métrage récompensé dans de nombreux festivals à travers le monde  et Magritte du meilleur court métrage en 2018.

Une vie démente est leur premier long métrage, présenté en ouverture du Festival de Namur en 2020. Le film a récolté un record de douze nominations lors de la 11ième Cerémonie des Magritte du cinéma et 7 récompenses incluant celle du meilleur film, de la meilleure actrice et du meilleur acteur.

L’interview : 

Parler d’ « Une Vie démente » comme d’un film  sur une maladie dégénérative serait aller très vite en besogne…

– Ann Sirot :  Pour nous ce n’est pas un film spécifiquement axé sur la maladie, mais plutôt une réflexion sur comment embrasser cette problématique et celle de l’existence sans s’y noyer.

R. Balboni : Une vie démente est un questionnement sur notre rapport à la vie. Nous avons vécu une situation similaire (NDR : la mère de R. Balboni est atteinte de démence sémantique) et trouvions que les films  qui abordent le sujet ne reflétaient pas les états par lesquels nous sommes passés. Ces références ne nous aidaient pas car elles étaient trop déprimantes. Ce qui n’était pas le cas de notre expérience même si  évidemment elle a pu être douloureuse.

Généralement, ce type de vécu  fait l’objet de documentaires . En quoi était-il important pour vous de passer par la fiction ?

R.B : Parce qu’elle nous convient mieux. Avec Lucha Libre, nous avions expérimenté d’autres bases qui sont restées les mêmes sur Une vie démente : partir d’un scénario qui n’est  pas tout à fait complet, sans dialogues.  Puis rencontrer des comédiens pour  les répétitions où ils peuvent improviser, les filmer, avant des allers-retours entre le résultat et le scénario qui continue à se construire. Notre réel pouvant s’y intégrer comme dans Avec Thelma , inspiré par une période de notre vie.

Critiques :

Le soin apporté à l’écriture et la caractérisation des personnages, les trouvailles hilarantes (les variations mélodiques autour de la publicité Carglass) ou l’intelligence du jeu des comédiens (mention spéciale à Jo Deseure dans son interprétation de Suzanne) ont valu à ce brillant film une flopée de prix dans moult festivals. A ne pas oublier.   Positif

C’est sympathique, amusant, et, surtout joué de façon incroyable par l’actrice Jo Deseure, dans le rôle de fofolle du troisième âge. Pas du grand cinéma mais du cinéma qui a du cœur    l ‘Obs

On se demande néanmoins si la comédie sentimentale est le costume qui convient pour le sujet.    Le Monde

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