Truman

Truman

Truman

 de Cesk Gay  (2015)  Espagne, Argentine (1 h 48)                                                                                                                                                

Avec : Ricardo Darin, Javier Camara, Dolores Fonzi

Synopsis :

Par un petit matin d’hiver, Tomás, un professeur de mathématiques, quitte sa famille à Montréal pour s’envoler à Madrid où il retrouve Julián, un acteur solitaire et bougon. Les deux amis sont émus de se revoir après de nombreuses années de séparation. Mais la visite surprise de Tomás n’a rien d’anodin : Il a appris que son vieil ami est atteint d’un cancer incurable et refuse le traitement proposé par son médecin.

Critiques :

Contrairement à ce que l’on pouvait en craindre, les quatre jours que vont passer ensemble les deux amis d’enfance, ne sont en rien une épreuve tragique marquée par des adieux larmoyants, mais bel et bien une tranche de vie filmée avec sincérité et sobriété. Partager ce moment, en passant du rire aux larmes aux cotés de deux acteurs qui l’interprètent avec une justesse remarquable, est donc agréablement touchant. 1h45 d’émotions attendrissantes et jamais superficielles, voilà un programme qui est immanquablement rafraîchissant mais toutefois pas mémorable en tant que tel. Le discours sur le droit à chacun de mourir dans la dignité vient fort heureusement apporter un support moral qui fait de Truman un long-métrage humaniste plein de finesse et de pudeur (ciné-série)

Entre humour, bienveillance et moments touchants caressés et non appuyés avec lourdeur, Truman ne sort pas les envolées de violons lyriques, ne s’enferme pas dans les passages obligés, n’en fait jamais trop (ni pas assez). Juste, sobre, humain, préférant esquisser e portrait de quelques jours plein de vie dans un contexte où rôde pourtant le spectre de la mort, le film de Cesc Gay est une ode à l’amitié sincère, authentique et courageuse, celle qui est capable de tout, même de se transcender dans les moments les plus durs, par générosité, par noble affection, par compassion compréhensive, et surtout, sans rien attendre en retour. Et alors que Ricardo Darin illumine pour la énième fois un écran de cinéma par son talent et son jeu tout en naturel, alors que Javier Camara se met au diapason de son partenaire, et que Cesc Gay laisse briller ses stars et son histoire tout en séduction irrésistible, Truman enchante, amuse, emporte, attendrit, et parviendrait presque à faire oublier ses ressorts de fonds par sa partition tout en retenue magnifique. (…)   Nicolas Rieux

C’est un des aspects particulièrement sympathique et réussi de ce film, avoir su mettre en avant la qualité de la relation qui unit les deux hommes. Et pourtant, comme ils sont différents, Julian qui croque dans la vie avec jubilation, brûlant sans aucune prudence la chandelle par les deux bouts, et Tomas, toujours attentif, attentionné, réfléchi dans ses décisions qui ne peut s’empêcher d’admirer son audacieux copain, comme un adolescent admire le plus « culotté » de sa bande d’amis. Le scénario se déroule sans à coup et laisse défiler l’heure et les quarante-huit minutes qu’il dure sans qu’à aucun moment on abandonne le déroulement du film. C’est très bon signe et ce n’est sans doute pas par hasard si Truman a reçu plusieurs récompenses    Thierry Martin

Ricardo Darín est un acteur et comédien acclamé en Argentine. Depuis le succès international de Les Neuf Reines (Nueve Reinas, Fabián Bielinsky, 2000) et celui de l’Oscar du Meilleur Film Étranger Dans ses yeux (El Secreto de sus Ojos, Juan José Campanella, 2009), Ricardo Darín s’est vu proposer des grands rôles à Hollywood… et des offres alléchantes. Refusant d’être catalogué « acteur latino », car selon lui trop souvent associé au grand banditisme, l’artiste préfère choisir ses personnages avec soin afin qu’ils soient avant tout porteurs d’un message : « Ma célébrité doit être utile ». Plus récemment, on l’a retrouvé avec jubilation dans une production de Pedro Almodóvar Les Nouveaux Sauvages (Relatos Salvajes, Damián Szifron, 2014), récit kafkaïesque dans lequel il incarnait un malheureux quadra terrassé par la bureaucratie argentine : l’équivalent d’une journée en enfer à Buenos Aires et encore plus récemment dans « El Presidente » de Santiago Mitre où il interprète le rôle du Président argentin.

Interview

« Cesc est merveilleux à tous les points de vue. L’ambiance du tournage est presque toujours créé par les caractéristiques du réalisateur. Si le réalisateur s’énerve, s’altère et travaille sous tension, ça contamine tout le monde. Si, comme pour Truman, le réalisateur est une personne détendue, les autres le ressentent. Le travail a donc été merveilleux. Et travailler avec Javier, un vrai bonheur. C’est une grande chance perceptible avec le temps. Personne ne s’approche de vous en disant «Prends, c’est un cadeau » mais avec lui, on le comprend très rapidement : c’est un grand générateur d’énergies positives. C’est un grand camarade, solidaire, attentif, tendre, accessible. Il est exceptionnel. Il faut savoir que pour les acteurs, ça fonctionne toujours de la même manière. Quand on rencontre quelqu’un qui sait recevoir mais aussi rendre et donner, un mécanisme s’établit grâce auquel nous devenons tous meilleurs, nous nous dépassons continuellement. » Ricardo Darin

Cesc Gay a reçu les Goya du meilleur réalisateur et du meilleur scénario (avec son co-scénariste Tomás Aragay), ses acteurs Ricardo Darín et Javier Camara ont été élus respectivement meilleur acteur et meilleur acteur dans un second rôle et la productrice Marta Estebans’est vu remettre son premier Goya du meilleur film.

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