Chala, une enfance cubaine

Chala, une enfance cubaine

(CONDUCTA)

d’Ernesto  Daranas – Cuba – 2014  (1h48)

Fiche technique :

Scénario :  Ernesto Daranas Image :  Alejandro Pérez,  Montage : Pedro Suárez,

Musique : Juan Antonio Leyva, Magda Rosa Galbán

Avec :  Armando Valdés Freire, Alina Rodríguez, Amaly Junco, Silvia Águila, Yulet Cruz.

Synopsis :

Carméla est une vieille institutrice pour qui enseigner relève d’un véritable sacerdoce et qui considère tous ses élèves comme ses propres enfants. Parmi ces derniers, il y a Chala, un gamin déluré peu respectueux des règles mais qui pourvoit aux besoins du ménage car sa mère toxicomane et alcoolique en est incapable. Mais, victime d’une attaque cardiaque, Carméla ne peut protéger le garçon lorsque les services sociaux décident de le placer…

Réalisateur :

Ernesto Daranas Serrano est né en 1961 à La Havane. Il termine ses études de pédagogie et de géographie en 1983. Il commença tôt à écrire et travailler pour la radio: biographies, chroniques, pièces de théâtre, nouvelles, jeux radiophoniques. A la télévision, il fut auteur de scénarios et développa quelques intrigues pour des téléfilms.

En 2004, il conçut et réalisa le documentaire Los últimos gaiteiros de La Habana avec lequel il obtint le prestigieux prix international du journalisme “Rey de España”. La même année, Daranas réalisa le téléfilm La vida en rosa ? dont il écrivit également le scénario, critique sociale incroyablement surréaliste, film culte de nombreuses fois récompensé dans les festivals.

L’œuvre de Daranas tourne autour des soucis des gens de La Havane : prostitution, misère ou encore absence du père, qui imprègnent la société cubaine. Los dioses rotos se situe dans le monde complexe de la prostitution à La Havane. C’est est un film prenant et divertissant, universel et fortement ancré dans la réalité cubaine, comme son dernier film, Chala, qui a pour toile de fond le problème de l’éducation vu à travers le regard d’un enfant, laissé pour compte du progrès social cubain….

Filmographie :

Los últimos gaiteiros de La Habana (Les derniers joueurs de biniou de La Havane)  documentaire 2004 – La vida en rosa? (La vie en rose?)  film TV 2004 – Los dioses rotos (Les dieux cassés) 2008 – Conducta (Chala) 2014.

Critiques :

« Ernesto Daranas nous entraîne dans un quartier sinistré par 25 ans de crise économique à La Havane, où habite le jeune Chala, qui ne déparerait pas dans un roman de Zola. Graine de délinquant, il a la chance de se maintenir tant bien que mal sur le droit chemin grâce à une vieille institutrice chaleureuse et bienveillante…   cinelangues.com

« Ernesto Daranas use d’une trame simple, presque linéaire et chargée d’émotion. Il se dégage de son récit un optimisme chaleureux qui émane de personnages n’oubliant jamais leur sens de l’ironie et de l’humour lorsqu’il s’agit pour eux de qualifier leurs conditions de vie. Pour Ernesto Daranas, il ne s’agit donc pas seulement d’évoquer la conduite d’un gamin qu’on a du mal à tenir, mais aussi et surtout celle de tout un système qui n’arrive pas à répondre aux aspirations de ceux qui l’habitent. Mais, même s’il est profondément cubain, Chala, nous parle aussi de nous, car son sujet est d’une portée universelle…»    Martial Knaebel  (Dossier de presse Bodega Films)

Derrière la lutte de Carméla pour défendre Chala, se dessine en filigrane la critique d’un pays coincé entre misère, émigration et lourdeurs bureaucratiques. Le portrait d’une dictature à bout de souffle, qui contraste avec l’endurance et le cran de ses habitants. Porté par des comédiens très charismatiques, du plus jeune à la plus âgée, Chala touche à quelque chose d’universel : le bouillonnement de l’enfance, ce torrent de promesses qui déborde des salles de classe jusque dans les rues : vivacité, relation salvatrice entre un gosse malmené et son prof, fraîcheur naturaliste, frasques entre copains aux amours naissantes. Et surtout réponse ouverte, impertinente, gorgée d’espoir, à la violence du monde des adultes.     Cécile Mury (Télérama)

L’interview :

«Chala est né de la collaboration avec mes étudiants de l’école de cinéma de La Havane. Nous avons commencé à travailler sur le scénario et le sujet les a intéressés autant que moi. J’ai été surpris que, malgré notre différence d’âge, nous soyons d’accord sur les questions de difficulté de l’éducation, particulièrement dans les milieux marginalisés. Le film se base sur des événements réels abondamment documentés sur le terrain. Nous avons rencontré des enseignants très différents: bons, moyens, mauvais, jeunes et vieux. Et nous avons constaté qu’on peut encore rencontrer des maîtres comme Carméla qui ne sont pas compris ou affrontent des pensées dogmatiques. Notre système éducatif a des avantages et des inconvénients, comme partout, seulement ici tout devient aigu à cause de la crise économique.

J’avais une entière liberté et je n’ai dû à aucun moment modifier le scénario pour pouvoir commencer le tournage. Dès le début, il était convenu que le film serait un projet vivant, inachevé, qui se développerait en fonction des expériences courantes des étudiants et des enfants.»

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