Corps et âme

CORPS ET ÂME

(Teströl és Lélekröl)

Ildiko Enyedi – Hongrie – 2017 –  1H56

Fiche technique :

Réalisation  et scénario : Ildiko Enyedi

Images : Mäté Herbai

Montage : Käroly  Szalai

Musique : Adam  Baläzs

Production : Mönika Mécs, Andräs Muhi et Erno Meslerhäzy

Distribution : Le Pacte

Interprètes : Alexandra Borbély (Maria) ; Géza Morcsanyi ( Endre)

Synopsis :

Maria, qui vient d’être embauchée comme nouvelle responsable du contrôle de qualité dans un abattoir, y rencontre Endre,  directeur financier. Elle est glaciale et psychorigide, il est handicapé. Entre ces deux êtres blessés que tout semble opposer, un point commun pourtant : ils font chaque nuit le même rêve…

 

La réalisatrice :

Singulière destinée que celle d’Ildiko Enyedi : révélée à Cannes en 1989 pour Mon XXe siècle, Caméra d’Or, classé par le New York Times parmi les 12 films hongrois de tous les temps, et parmi les 10 meilleurs long-métrages de l’année, elle est pourtant méconnue du grand public. Et pour cause : elle est ensuite tombée dans l’oubli, gagnant sa vie en enseignant le cinéma à l’université de Budapest. Elle n’a tourné qu’une petite poignée de films, la plupart de ses scénarios n’ayant pas trouvé de financement.

Ildiko Enyedi avait fait ses débuts comme plasticienne. Elle a aussi fait partie du collectif Indigo et de Béla Balazs, unique studio de cinéma indépendant d’Europe de l’Est avant 1989.

En 1997, Tamas et Juli a remporté le grand prix du Festival de Belfort, et, deux ans plus tard, Simon Le Mage a obtenu le prix spécial du Jury du Festival de Locarno.

Ildiko Enyedi a également animé des master-classes en Suisse et en Pologne, et elle est membre fondatrice d’Eucroma, l’Académie européenne du cross-media.

 

Propos de la réalisatrice :

” Dans tous mes projets, l’intrigue vient en dernier. Ce film, comme les précédents, est né de mon désir de parler de ma vision de la condition humaine et de nos choix de vie. Par ailleurs, j’avais très envie de raconter une histoire d’amour qui nous emporte, de la manière la moins passionnelle et la moins spectaculaire possible.

J’ai conçu le film comme une auto-éducation sensorielle et sentimentale de Maria, en travaillant sur tous les sens. Je voulais ouvrir toutes ces petites portes à l’intérieur du spectateur aussi.

J’ai eu l’idée d’un seul coup : que se passerait-il si on rencontrait un jour quelqu’un qui fait exactement le même rêve que soi ? Comment réagirait-on?(…)Des situations qui suscitent des questions auxquelles on a vraiment envie de répondre, puis qui soulèvent de nouvelles questions.

Si je devais expliquer le fonctionnement de l’humanité à un martien, et les capacités de l’être humain, je l’emmènerais sur un plateau de cinéma. C’est là que l’humanité révèle sa facette la plus généreuse et la plus efficace. Tous ceux qui y participent ont le même but : tout mettre en œuvre pour concrétiser l’imaginaire d’un artiste. Le rêve d’un artiste.”

Critiques :

La beauté du film tient dans le glissement progressif qu’il opère entre plusieurs registres, tout en assumant une forte croyance dans la proposition absurde et poétique qui est la sienne. Le montage a le génie d’emplir de romantisme le monde rigide et matériel de l’usine par le parallélisme qu’il organise avec la poésie des scènes animales. Si, dans la narration, ces rêves sont la représentation des désirs inconscients de leurs auteurs, ils sont, à l’échelle du film, le vecteur d’un changement de regard sur le réel.       Critikat.

Fort de ce pitch saugrenu, Corps et Âme tricote une singularité étonnante qui combine à merveille l’émotion pure et l’humour cocasse, mais où il est question de l’essentiel : notre condition d’humains paradoxaux. Ne sommes-nous pas en effet, à la fois parfaitement domestiqués-assujettis à la consommation, au travail…- mais aussi potentiellement libres, capables d’exception, et de miracles inouïs par la force de l’imaginaire et de l’amour ? En formulant ce hiatus universel de façon inspirée, et éminemment cinématographique sous ses dehors modestes et très accessibles, ce film hongrois dégage une puissance fascinante.     Le Journal du Dimanche.

C’est, aussi, un film fantastique, où un événement surnaturel (un rêve partagé) vient rendre sensible la folie irrationnelle de la réalité, dans ses normes comme dans ses dérives, dans son rapport à la vie et à la mort.        A Voir à lire

 

 

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