Mary et Max.

marie et maxMARY   et   MAX  

Réalisation : Adam Elliot   Australie  (2009 )    1h32

Fiche technique :  
Réalisation et scénario : Adam Elliot. Photo : Gerald Thompson. Montage : Bill Murphy. Musique :  Artistes variés, Dale Cornelius. Production : Melanie Coombs. Distribution : Icon Entertainment International . Distribution vocale : Toni Collette ( Mary  Daisy Dinkle ). Philip Seymour Hoffman ( Max Jerry Horowitz) . Barry Humphries ( le narrateur ). Eric Bana  (Damian Papadopoulos). Bethany Whitmore ( Mary jeune). Renée Geyer ( Vera Lorraine Dinkle ).

Synopsis :   
Une petite Australienne disgracieuse et seule, Mary, 8 ans, écrit à un correspondant choisi au hasard dans un annuaire de New York. Max Horowitz, 44 ans , juif, solitaire , obèse, répond à sa lettre : deux solitudes se rencontrent. Cette relation épistolaire durera 20 ans. Mary et Max, figurines de pâte à modeler, reflètent si bien nos angoisses et nos désirs qu’on en oublierait presque qu’ils ne sont pas tout à fait humains.

Le réalisateur :
Adam Elliot (né en janvier 1972 à Berwick / Australie) réalise des films d’animation en volume. D’abord auteur de 4 courts métrages animés parmi lesquels Harvie Krumpet qui a obtenu un oscar en 2004, il passe avec succès au long métrage avec Mary et Max ( 2009  ). Le film reçoit le prix du Festival International du film d’animation d’Annecy et des récompenses dans de nombreux pays, comme L’Allemagne et le Canada.

Propos du réalisateur :
Nous voulions que le film conserve une apparence très tactile, que les empreintes se voient sur la plasticine et que le public sache instantanément que ce qu”il voyait n’était pas une création numérique. Nous avons donc mis beaucoup de soin dans les détails, les décors, les personnages …  Mais aussi dans l’histoire, qui est pour moi la chose la plus importante.
En général les films d’animation sont de la pure fiction, mais moi, j’écris toujours sur les gens qui m’entourent. C’est là que je puise mon inspiration. Tous mes films sont inspirés de personnes réelles, et celui-ci est modelé d’après mon véritable correspondant newyorkais, avec qui j’échange depuis 20 ans. Le Max du film a de nombreux points communs avec lui : il vit à New York, il est gros, juif, athée, et est atteint du syndrome d’Asperger…
Enfant, je passais beaucoup de temps dans ma chambre à dessiner et laisser mon imagination vagabonder. Mary c’est un peu moi en quelque sorte… Mais c”est  aussi un personnage universel : les jeunes filles peuvent se retrouver dans Mary. La plupart des adolescents, filles ou garçons ont ce sentiment d’être différents. Mary est l’archétype de cela : Elle sait  ce que c’est la solitude. Le film parle de ça, de solitude, de mélancolie, de différence.
Je tremble des 2 mains … Du coup quand je dessine mes lignes ne sont jamais droites, elles sont tremblantes … J’ai su transformer ce handicap en atout. Mes dessins mal assurés sont devenus ma marque de fabrique … Cette imperfection  sied bien au film qui parle des défauts … Au cours du film les personnages vont apprendre à accepter leurs imperfections et leurs défauts.

La critique :

On retrouve dans Mary et Max la même technique (une pâte à modeler grisâtre), le même univers  (des personnages cabossés par la vie), et le même humour noir, parfois atroce. On pouvait craindre qu’un tel mélange ne tienne pas la distance, or, en passant du court au long, Adam Elliot gagne en humanité et en tendresse.  ( Annecy. Notes festivalières )

D’un point de vue formel, Mary et Max laisse tout simplement pantois. Visuellement somptueux, avec une photographie d’une rare intelligence, une mise en scène remarquable, sans même mentionner l’animation image –par- image d’une impressionnante maîtrise, le  film laisse loin derrière les autres productions similaires … D’une fluidité remarquable, Mary et Max ajoute à cela un sens très pertinent de la caricature, qui en fait un film profondément attachant. (Vincent Avenel)

Loin de nous plomber, cet hymne aux solitaires, aux paumés, aux doux dingues – nettement moins fous que les gens dits normaux,au demeurant – rassure : ouf, il existe donc encore, de par le monde, des créateurs aussi doués que Adam Elliot pour savoir peindre la misère humaine avec une telle ferveur et mêler aussi bien l’insolence à la magie  ( Pierre Murat )

Deux existences recluses, repliées sur leur monde intérieur, auquel l’animation donne non seulement forme et vie mais exacerbe, avec un beau sens du détail évocateur, la poésie tragique et l’humour désespéré. ( Xavier Leherpeur)

Sans jamais être naïf ni mièvre, Mary et Max nous offre de très beaux moments de cinéma, entre rires et larmes, comme on aimerait en voir plus souvent. (Cédric Renier)

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