Le Repenti

le repentiLe Repenti 

(2012) Merzak Allouache. (1 h 27)  Algérie

présenté par Nabil Asli acteur principal du film

Scénario: Merzak Allouache ; photographie: Mohamed Tayeb Laggoune ; Montage: Sylvie Gadmer ;Avec: Nabil Asli (Rachid), Adila Bendimerad (Djamila), Khaled Benaissa (Lakhdar)

Synopsis :

Région des hauts plateaux. Un jeune homme court dans la neige trainant son balluchon. Rachid est un islamiste maquisard qui regagne son village grâce à la loi de “Concorde civile”. Il va essayer de retrouver une place dans la société et travaille pour cela dans un café. Il a sans doute du sang sur les mains, mais le réalisateur ne le montre pas comme un homme maléfique. Sa solitude, son manque de savoir, son air d’oiseau un peu apeuré le rendent attachant. En parallèle, on suit aussi un couple séparé, d’une classe sociale supérieure, frappé par un drame dont on en ignore la teneur.

Nabil Asli :

Licencié en Arts du spectacle de l’Institut National des Arts dramatiques d’Algérie, Nabil Asli débute sa carrière de comédien au  Théâtre National de son pays natal. Il se fait remarquer dès ses débuts dans Les Physiciens de Frédéric Domat et plus récemment dans Bled Echams de Hajar Bali. En plus de jouer, il écrit et met en scène des pièces de théâtre comme La Fabuleuse (2006) de Youcef Taouint. Le comédien apparaît dès 2008 dans des feuilletons comme Jourouh el hayet (Les Blessures de la vie). En 2009, il est à l’affiche du long métrage :Harragas de Merzak Allouache qu’il retrouve par la suite pour Normal !  Le Repenti et Les Terrasses.. On le verra prochainement dans La Preuve d’Amor Hakkar, Cinéma Chkoupi de Baya Allouache et L’Andalou de Mohamed Chouikh.
La concorde civile : est une loi qui a été soumise par le président algérien Abdelaziz Bouteflika avec l’assentiment de l’armée au parlement, qui l’adopte le 8 juillet 1999. Cette loi vise à réintégrer dans la vie civile ceux qui ont manifesté leur volonté de renoncer à la violence armée et à amnistier ceux qui ont été impliqué dans les réseaux de soutien aux groupes terroristes durant la tragédie nationale de la décennie noire.

Critiques :

Jusqu’au bout, le suspense est insupportable. Le film servi par des acteurs qui jouent avec une belle retenue, met le doigt là où ça fait mal, dérange, lève un voile sur l’oubli orchestré en haut lieu. (Huma)

Ce sont l’expression des visages (souvent filmés en gros plans), les actes simples du quotidien (rentrer chez soi, manger, regarder la télévision, fumer, boire, être au travail), la façon qu’ont les corps de se mouvoir et de gérer leur proximité et distance avec le corps de l’autre (Lakhdar et Djamila), les silences, très prégnants. Le vide, en somme. Et le Temps qui passe. Le film respire, le spectateur y trouve sa place car il a le temps et l’espace pour investir les êtres, les scènes, les plans. Le parti pris de mise en scène est clair, et il est assumé. On salue cette épure, sa cohérence, son audace. Pas de message ici, c’est presque rétrospectivement, une fois la projection passée, que l’on assimile vraiment ce que le film raconte (Critikat)

Merzak Allouache nous donne régulièrement des nouvelles de son Algérie natale, certaines plutôt gaies (Bab el Web), d’autres sombres. Horreur enfouie sous le tapis, amnésie politique, manipulation : le tableau, ici, est inquiétant. Il ne vise personne, il rend compte plutôt d’une tension diffuse, où le silence est oppressant. D’où cette intrigue truffée d’ellipses, ce mystère entretenu, appuyé même. Mais, par ses déplacements incessants, par ses passages dans des logements qui semblent provisoires, par sa manière de filmer chaque protagoniste comme une personne poursuivie, il montre la hantise à l’échelle d’un pays. — Jacques Morice (Telerama)

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